Quels mesurages en relation avec la réverbération d’un local ?

En France, le mesurage de la durée de réverbération est réalisé en conformité avec la norme NF S 31-057 – Acoustique – Vérification de la qualité acoustique des bâtiments (Octobre 1982) ou avec la norme (qui lui est souvent préférée) NF EN ISO 3382-2 - Acoustique - Mesurage des paramètres acoustiques des salles -Partie 2 : Durée de réverbération des salles ordinaires (Septembre 2010).

Production du champ acoustique

Le champ acoustique est en général produit par un générateur de bruit rose (source acoustique) omnidirectionnel (méthode du bruit interrompu)

Appareillage de mesurage

L’appareillage de mesurage acoustique est en général  constitué d’un sonomètre (avec un microphone) et d’un calibreur.

Si utilisé, l’appareillage de mesurage de la température et de l’hygrométrie du local est souvent constitué d’un thermo-hygromètre.

source de bruit
omnidirectionnelle ITS
sonomètre
ITS
 

Logiciel de transfert et d’analyse

Un logiciel de transfert et d’analyse est en général utilisé, permettant une exploitation en différé d’enregistrements effectués sur site.

Evaluation de la durée de réverbération (du temps de réverbération)

La durée de réverbération (le temps de réverbération) est le temps nécessaire pour que le niveau de pression acoustique décroisse de 60 dB après l’arrêt de la source de bruit dans une salle.

Exemple d’enregistrement de la décroissance sonore temporelle permettant la détermination de la durée de réverbération (temps de réverbération) TR pour la bande de fréquence 4kHz (en l’occurrence : TR=0.87 s) avec une plage d’évaluation supérieure à celle envisagée dans la norme NF EN ISO 3382-2).

temps de réverbération
(mesuré)

Note

Une valeur de durée de réverbération trop élevée (illustrant des phénomènes de réverbération trop importants) peut nuire au confort acoustique de certains espaces (compte tenu de leur destination) et (dans certains cas) constituer une non-conformité.

 

Quels niveaux et critères de performances acoustiques pour les locaux de travail autres que des bureaux ?

L’Arrêté du 30 août 1990 pris pour l’application de l’article R. 235-11 du code du travail et relatif à la correction acoustique des locaux de travail est applicable à la construction ou à l'aménagement des locaux de travail, où doivent être installés des machines et appareils susceptibles d'exposer les travailleurs à un niveau d'exposition sonore quotidienne supérieur à 85 dB (A).

Ce document fixe les caractéristiques minimales que doivent présenter ces locaux de façon à réduire la réverbération du bruit sur les parois lorsque celle-ci doit augmenter notablement le niveau d'exposition sonore des travailleurs (l'augmentation de l'exposition s'apprécie par rapport à ce que serait l'exposition de chacun des travailleurs dans le même local idéalement traité, c'est-à-dire sans aucune réverbération).

Les prescriptions techniques de cet arrêté sont applicables dès lors qu'il est établi que la réverbération, évaluée par une méthode d'acoustique prévisionnelle, provoquerait une augmentation du niveau d'exposition sonore quotidienne d'un travailleur égale ou supérieure à 3 dB (A).

Les parois de tels locaux doivent recevoir une correction acoustique telle que la décroissance du niveau sonore par doublement de distance à la source, mesurée dans le local vide de toute machine ou installation de production, atteigne au moins la valeur donnée par une règle liée à la surface au sol du local.

Lorsque la décroissance du niveau sonore par doublement de distance à la source est mesurée dans le local après installation des machines et appareils de production, la valeur DL qui doit être au moins atteinte est donnée par une autre règle liée à la surface au sol du local.

DL est exprimée en dB (A).

Quels niveaux et critères de performances acoustiques pour les locaux des établissements d'enseignement ?

En France, l’ arrêté du 25 avril 2003 relatif à la limitation du bruit dans les établissements d'enseignement traite des espaces suivants :

- salle de repos des écoles maternelles, salle d'exercice des écoles maternelles, salle de jeux des écoles maternelles
- local d'enseignement, de musique, d'études, d'activités pratiques ; salle de restauration et salle polyvalente de volume au plus égal à 250 m3
- local médical ou social, infirmerie ; sanitaires ; administration ; foyer ; salle de réunion ; bibliothèque ; centre de documentation et d'information
- local d'enseignement, de musique, d'études ou d'activités pratiques d'un volume plus grand que 250 m3, sauf atelier bruyant
- salle de restauration d'un volume plus grand que 250 m3
- salle polyvalente d'un volume plus grand que 250 m3
- autres locaux et circulations accessibles aux élèves d'un volume plus grand que 250 m3
- salles de sport

Dans tous les cas, la durée de réverbération constitue l'exigence technique de base.

Quels niveaux et critères de performances acoustiques pour des bureaux et des espaces associés ou pour d'autres bâtiments tertiaires à l'exception des locaux des établissements d'enseignement ?

En France, la norme NF S31-080 (Janvier 2006) Acoustique - Bureaux et espaces associés - Niveaux et critères de performances acoustiques par type d'espace traite des espaces suivants : bureau individuel, bureau collectif, espace ouvert, salle de réunion, espace de détente, restaurant, circulation, plateau à aménager.

Selon le cas, la durée de réverbération ou la décroissance spatiale constituent l'exigence technique de base.

Pour chaque type de local, la norme définit et classe l’ambiance acoustique selon trois niveaux de performances :

- Niveau «Courant» : correspond à ce qu’exige la réglementation et, en l’absence de textes légaux, au niveau fonctionnel minimum, ne garantissant aucun confort acoustique.
- Niveau «Performant» : correspond à des performances acoustiques allant au-delà du niveau «Courant». Ce niveau assure un confort acoustique propice à de bonnes conditions de travail.
- Niveau «Très Performant» : correspond à des performances acoustiques maximales rendues possibles par l’action sur l’ensemble des différents éléments de la construction des ouvrages (conception, architecture, matériaux, ….). Ce niveau vise la perception du bruit utile et la non perception du bruit superflu : il y a donc une notion qualitative propre à l’usage et à l’activité qui sera menée dans le local.

En outre, la certification NF HQE Bâtiments Tertiaires permet de distinguer des bâtiments dont les performances acoustiques correspondent aux meilleures pratiques actuelles. Cette certification concerne les phases de programmation, de conception et de réalisation pour des bâtiments neufs et en rénovation.

Le critère acoustique d’un espace et ses interactions avec les espaces voisins se quantifient par le biais de deux notions: la sensibilité de l'espace et l'agressivité de l'espace.

La sensibilité de l’espace se rapporte à l’ambiance acoustique attendue par les occupants. Plus l’espace est sensible, plus les émergences auditives (provenant des espaces voisins ou de l’espace lui-même) sont gênantes. On distingue ainsi :
o Les espaces très sensibles, tels que:
- bureaux individuels, espaces de repos, infirmerie,
- espaces privatifs des clients (hôtellerie),
- etc.
o Les espaces sensibles, tels que:
- bureau collectifs, plateaux à aménager, salles de réunion, espace de
restauration,
- salons, hall d’accueil, zone de sport (hôtellerie),
- etc.
o Les espaces peu sensibles tels que:
- halls, locaux déchets, sanitaires, circulations,
- Certaines zones de vente, espaces communs dédiés à la circulation des
clients (commerce),
- Espaces de baignade (hôtellerie),
- Entrepôts (logistique),
- etc.

L’agressivité de l’espace quantifie l’impact de l’espace sur l’espace voisin. Plus l’espace est agressif, plus le niveau sonore moyen de l’espace est élevé et plus l’espace impacte sur les espaces voisins. On distingue ainsi :
o Les espaces très agressifs, tels que :
- espaces de restauration, auditorium,
- aires de livraison, espaces communs dédiés à la circulation des clients,
zones de vente,
- bar, discothèque, salles de jeux, espaces de baignade (hôtellerie),
- Entrepôts (logistique),
- etc.
o Les espaces agressifs tels que :
- bureaux collectifs, salles de réunion,
- zones de vente,
- Salons (hôtellerie),
- etc.
o Les espaces non agressifs tels que :
- bureau individuel, espaces de repos, infirmerie,
- espaces privatifs des clients, salles de lecture (ou salons calmes),
bibliothèques (hôtellerie),
- etc.

Ainsi, en croisant la notion de sensibilité avec la notion d’agressivité, on peut classer les différents espaces rencontrés dans les bâtiments en catégories selon le secteur (bureau, enseignement, commerce, hôtellerie, logistique).

En terme d'exigences génériques, la préoccupation dite "de niveau base" a pour but de prendre en compte la position des espaces sensibles et très sensibles vis-à-vis des espaces agressifs et très agressifs par rapport aux nuisances intérieures et extérieures alors que la préoccupation dite "de niveau performant" et celle dite "de niveau très performant" visent à optimiser la forme et le volume des espaces dans lesquels l’acoustique interne est un enjeu.

Selon le cas, la durée de réverbération ou la décroissance spatiale constituent l'exigence technique de base, quand ce n'est pas l'aire d'absorption équivalente.

Quelle efficacité pour la correction acoustique d'un local ?

L'efficacité pour la correction acoustique d'un local (en milieu de travail, dans un bâtiment à usage tertiaire, dans un bâtiment à usage d'habitation...) est très dépendante de la fréquence et est liée principalement d'une part à la performance des matériaux absorbants qui constituent les parois ou dont sont revêtues les parois du local (caractérisée par leur coefficient d'absorption ou par leur facteur de Sabine) ainsi qu'à leur surface,  et d'autre part à la géométrie du local, à son volume, à son encombrement et au niveau de sa qualité acoustique avant insonorisation. Dans certains cas particuliers, l'hygrométrie et le taux d'occupation du local entrent également en ligne de compte.

Cette performance peut être exprimée en terme de différence (avec et sans la mise en oeuvre des matériaux de correction acoustique) des durées de réverbération ou (pour des locaux ayant une destination particulière) de moyennes des durées de réverbération à certaines fréquences.

A titre d'ordres de grandeur, une différence de durée de réverbération (ou de moyennes des durées de réverbération à certaines fréquences) jusqu'à 40 % peut en général être obtenue sans exigence particulière à l'issue de la mise en oeuvre d'un plafond acoustique suspendu (ou d'une résille de baffles acoustiques suspendus) dans le cas de locaux dont la hauteur sous plafond est suffisamment faible et dont les parois avant insonorisation étaient très réfléchissantes (par exemple murs en béton, toiture en bac acier), tandis qu'une différence de durée de réverbération (ou de moyennes des durées de réverbération à certaines fréquences) supérieure doit faire intervenir une réalisation spéciale pouvant rendre nécessaire la mise en oeuvre de revêtements absorbants muraux.

Cette performance peut aussi être exprimée (notamment en milieu de travail) en terme de différence (avec et sans la mise en oeuvre des matériaux de correction acoustique) de décroissance du niveau sonore par doublement de distance à la source.

A titre d'ordres de grandeur (et vis à vis d'un spectre de bruit de type "bruit rose"), une différence de décroissance du niveau sonore par doublement de distance à la source jusqu'à 25% peut en général être obtenue sans exigence particulière à l'issue de la mise en oeuvre d'un plafond acoustique suspendu (ou d'une résille de baffles acoustiques suspendus) dans le cas de locaux dont la hauteur sous plafond est suffisamment faible et dont les parois avant insonorisation étaient très réfléchissantes (par exemple murs en béton, toiture en bac acier), tandis qu'une différence de décroissance du niveau sonore par doublement de distance à la source supérieure doit faire intervenir une réalisation spéciale pouvant rendre nécessaire la mise en oeuvre de revêtements absorbants muraux.

Cette performance peut aussi être exprimée (notamment en milieu de travail) en terme de différence (avec et sans la mise en oeuvre des matériaux de correction acoustique) de niveaux globaux de pression acoustique pondérés A ou de niveaux de pression acoustique par bandes d'octave à des emplacements spécifiés suffisamment loin de sources de bruits (en général: pas de valeur à un poste de travail trop près d'une machine bruyante).

A titre d'ordres de grandeur (et vis à vis d'un spectre de bruit de type "bruit rose"), une différence de niveau jusqu'à 2 à 4 dBA peut en général être obtenue sans exigence particulière à l'issue de la mise en oeuvre d'un plafond acoustique suspendu (ou d'une résille de baffles acoustiques suspendus) dans le cas de locaux dont la hauteur sous plafond est suffisamment faible et dont les parois avant insonorisation étaient très réfléchissantes (par exemple murs en béton, toiture en bac acier), tandis qu'une différence de niveau supérieure doit faire intervenir une réalisation spéciale pouvant rendre nécessaire la mise en oeuvre de revêtements absorbants muraux.

La prévision de l'efficacité de la correction acoustique d'un local peut être effectuée avec le logiciel de simulation SILDIS®®.

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