La prévention du bruit dans un local de restauration scolaire (cantine) est un impératif majeur vis-à-vis d’un espace dont la finalité n’est pas seulement, le temps d’un repas, de permettre à des écoliers de se sustenter, mais aussi de leur offrir un cadre propice à la nécessaire détente entre des sessions d’apprentissages (qui les mettent parfois à rude épreuve) et aux souhaitables communications entre camarades de classe (qui peuvent alors avoir lieu sans être considérées, comme elles le seraient en salle de classe, en tant que bavardages indésirables).

C’est pourquoi des précautions doivent être prises quant à la qualité acoustique des locaux de restauration scolaire (cantines) dans une perspective de prévention du bruit :

  • il s’agit de limiter la réverbération des sons, i.e. la réflexion des ondes sonores sur des parois dures

Le sol, n’est en général pas une piste d’amélioration très usitée, même lorsque – comme souvent ? - carrelé à l’origine (alors : avec un coefficient d’absorption acoustique ultra-médiocre puisque de l’ordre de 0.01 i.e. 1% [1] aux fréquences médium-aigues [2]), car la mise en œuvre de revêtements absorbants se heurte souvent à des impératifs de nettoyabilité, alors même que leur indice d’absorption acoustique [3] atteint au mieux des valeurs de l’ordre de 0.10 i.e. 10% [1] lorsqu’il s’agit des moquettes les meilleures qui soient (disponibles sur le marché) quant à leur performance acoustique.

Le plafond, la sous-toiture, présentent, par contre, un intérêt tout particulier dans une perspective de prévention du bruit dans un local de restauration scolaire (cantine). En effet, ils constituent souvent un gisement significatif de surfaces disponibles pour l’installation de matériaux dont l’indice d’absorption acoustique [3] peut atteindre des valeurs de l’ordre de 0.90 i.e. 90 % voire 1 i.e. 100 % [1] donc quasi-maximales or maximales.

    • ils prennent souvent la forme de dalles de plafond suspendu (horizontalement ou sous rampant i.e. en suivant la pente de la toiture, le cas échéant), posé sur une ossature métallique, et pouvant intégrer des luminaires
    • ils prennent parfois la forme d’autres éléments suspendus (horizontalement, sous rampant i.e. en suivant la pente de la toiture, le cas échéant ou encore verticalement). A cet égard, il y a lieu de noter que des éléments suspendus à haute absorption acoustique i.e. dont les valeurs de coefficient ou d’indice d’absorption acoustique sont maximales [1] [2] [3] peuvent utilement être installés en complément d’un plafond acoustique ou d’une sous-toiture, a fortiori si ces derniers (e.g. lorsqu’il y a de bonnes raisons pour les conserver en l’état) ont une performance acoustique (intrinsèque, liée à leur coefficient d’absorption des sons) médiocre, ou s’ils sont à des hauteurs si grande que leur efficacité in-situ s’en trouve réduite

Les murs, quant à eux, sont souvent aptes à recevoir des quantités plus ou moins significatives de matériaux dont l’indice d’absorption acoustique [3] peut (là-aussi) atteindre des valeurs de l’ordre de 0.90 i.e. 90 % voire 1 i.e. 100 % [1] donc quasi-maximales or maximales, une fois décomptées les aires indisponibles pour cause de présence de portes, de fenêtres et autres surfaces vitrées, d’ouvertures vers des salles contigües, d’équipements (e.g. meubles, portemanteaux). La nécessité d’une protection mécanique en partie basse peut conduire, pour de tels emplacements, à l’utilisation de panneaux avec une couche superficielle (en bois ou métallique) renforcée (alors : perforée avec des trous, ou bien avec des fentes séparant des lames) qui influe sur la performance acoustique de tels dispositifs d’insonorisation (parfois appelés résonnateurs de Helmoltz).

  • il s’agit de s’opposer à la propagation du bruit, i.e. de mettre en place (entre tables ou entre groupes de tables) d’obstacles au travers desquels les sons ne sont pas transmis, ce qui évite le brouhaha qui, sinon, résulte du cumul des émissions sonores dans la salle de restauration

Des claustras constituent la forme concrètement mise en œuvre pour des dispositifs dont une telle fonctionnalité est attendue : il est - évidemment – préférable qu’ils comportent des matériaux dont l’indice d’absorption acoustique [3] peut atteindre des valeurs de l’ordre de 0.90 i.e. 90 % voire 1 i.e. 100 % [1] donc quasi-maximales or maximales.

    • ils prennent souvent la forme d’éléments sur piètements ou sur roulettes

Il y a lieu de noter que leur installation nécessite – évidemment – des locaux pas trop exigus, de manière à ce que soient conservés des passages compatibles avec les modalités de circulation souhaitables, pour les enfants comme pour le personnel de service.

Tels sont les moyens de prévention du bruit dans un local de restauration scolaire (cantine), dont la faisabilité d’implémentation doit être étudiée au cas par cas, en fonction des contraintes de chaque projet, qu’il s’agisse d’une construction neuve ou d’une réhabilitation.

Cela ne sera jamais trop dit : il s’agit d’une nécessité pour qui veut se conformer (peut-il en être autrement ?) à la réglementation applicable (en France), formalisée par un Arrêté du 25 avril 2003 relatif à la limitation du bruit dans les établissements d’enseignement.

ITS a participé à un projet de prévention du bruit dans un local de restauration scolaire (cantine), dans la région de Nantua, dans le département de l’Ain, dans la région Auvergne Rhône Alpes (France).

Les mesurages de temps de réverbération réalisées avant travaux ont mis en évidence une non-conformité en terme de temps de réverbération, vis-à-vis des textes réglementaires applicables.

L’étude réalisée a permis de sélectionner, parmi celles passées en revue, les meilleures solutions de combinaisons de matériaux (en fixant pour chacun : nature, localisation, quantitatif) absorbant les sons de manière appropriée: un habillage partiel des murs et de la sous-face du plafond (au moyen d’éléments absorbants horizontaux, suspendus en sous face de l’existant, conservé car ayant été rénové très récemment, avant l’intervention d’ITS) a été retenu.

Le manque de précaution lors du choix (antérieur à l’implication de ITS dans le projet) d’un système de plafond (dans un contexte de rénovation) avait résulté en un manque de confort de ce local, dans lequel le phénomène de réverbération n’était pas maîtrisé : chacun parlant plus fort pour essayer de se faire entendre contribuait au brouhaha, ce qui avait été à l’origine de récriminations ayant motivé le recours à ITS.

De tels désordres ne se reproduiront plus : les travaux réalisés (installation en période de vacances scolaires) ont permis une mise en conformité, au moyen (vis-à-vis du problème posé) d’une solution sur mesure et clé en main en matière de prévention du bruit dans un local de restauration scolaire (cantine).


[1] sur une échelle de 0 à 1 i.e. de 0 à 100 %

[2] là où les émissions sonores sont maximales, lorsqu’il s’agit de voix humaine

[3] calculé en prenant en compte la totalité du spectre sonore de référence dans le secteur du bâtiment i.e. l’intervalle fréquentiel de bandes d’octave de fréquences centrales 125 Hz à 4 kHz, avec une pondération